Échantillonnage biologique

 

La recherche a effectué de grandes avancées à la fin des années 1980, lorsque nous avons commencé à prendre des biopsies (échantillons de peau et de graisse). Les biopsies prises simultanément avec la photo identification nous permettent de déterminer le sexe et le code génétique des individus, ce qui nous permet de mieux comprendre la structure sociale, la reproduction et éventuellement la généalogie de chacune des espèces étudiées.

 

 

Les échantillons de peau peuvent aussi être utilisés pour déterminer la diète de chaque individu. En se servant des isotopes stables, des analyses en laboratoire permettent de déterminer le niveau trophique auquel les différentes espèces s'alimentent, ce qui est important pour bien comprendre la compétition entre chaque espèce.

 

Puisque certains polluants sont liposolubles et s'accumulent dans les graisses à travers le temps, le gras recueilli dans les biopsies peut être analysé pour déterminer les concentrations de polluants persistants logés dans les graisses, tels que les PCB, pesticides et dioxines, pour n'en nommer que certains.
Certaines de ces substances, maintenant interdites en Amérique du Nord, sont reconnues comme causant de sévères troubles de santé. En effectuant le suivi des concentrations de ces substances dans les animaux étudiés, nous pourrons acquérir une meilleure compréhension du niveau de pollution de leur habitat.
L'étude des graisses nous permet aussi de déterminer le taux d'hormones de grossesses (progestérone), tout comme la testostérone et le niveau d'hormones reliées au stress.
Ces techniques font partie des projets de recherche en cours, et nécessitent un développement continu des capacités d'interprétation pour certains aspects des données. Un aperçu des principaux projets en cours est disponible ci-après.
Les échantillons de biopsies sont récoltés en projetant une fléchette à tête modifiée à l'aide d'une arbalète.
La fléchette est surmontée par une pointe avec des embouts en acier inoxydable ou en titane, qui pénétrera dans la chair de l'animal et dans laquelle se trouve 3 crochets pour retenir l'échantillon à l'intérieur de la pointe. Une bouée spécialement conçue empêche la flèche de pénétrer plus profondément que le tissu épithélial et permet à la flèche de rebondir et de flotter pour être récupérée facilement. Chaque embout est désinfecté avec de l'alcool avant chaque utilisation et chaque embout n'est utilisé qu'une seule fois pour éviter les risques de contamination ou de mélange d'ADN. Nous obtenons en moyenne entre 18 et 25 mm de gras et de peau dans chaque échantillon collecté. Plusieurs études ont été réalisées avec cette technique sans remarquer d'effets négatifs sur l'espèce étudiée. Certains individus réagissent à l'approche des embarcations et parfois au tir de la fléchette, mais retournent à leur comportement initial quelques minutes plus tard. En effet, certains rorquals à bosses réagissent plus aux tirs manqués qu'à ceux réussis.

 


Pointe de flèche (tube gris) et flotteur (jaune)

Échantillon de biopsie - peau (noir) et gras (rouge)