2017: Année record pour les baleines à bosse!

Humpback fluke cover photo

Une baleine à bosse expose sa queue alors qu'elle plonge dans le Saint-Laurent. La coloration jaunâtre est due aux diatomés (phytoplankton) qui collent à leur peau pendant la saison d'alimentation.

 

2017 fut une superbe année pour la recherche au MICS, avec plein d’individus de nos espèces focales photo-identifiés. Nous venons de finir le « matching » pour la saison dernière, juste à temps pour commencer la saison 2018 !

 

Le MICS a identifié 121 baleines à bosse dans le Golfe du Saint-Laurent, un record absolu ! 98 d’entre elles étaient déjà connues et 23 nouveaux individus ont été ajoutés à notre catalogue de baleines à bosse.

 

Parmi ces 23 nouvelles baleines, nous avons officiellement identifié 4 baleineaux. Bien que nous en ayons observé 6 autres, ces derniers n’ont pas été ajoutés à notre catalogue car nous ne disposions pas de photos d’assez bonne qualité pour pouvoir les utiliser en photo-identification. Ccela veut dire que ces individus seraient extrêmement difficiles a reconnaître dans le futur, et d’un point de vue scientifique, nous ne pourrions pas catégoriquement les identifier. Cependant, cela nous mène à un total de 10 baleineaux, ce qui se rapproche de la moyenne. C’est une bonne nouvelle après une longue période de reproduction basse que nous avons observé au cours des 7 dernières années. Ceci a été source d’inquiétude de notre part et nous continuerons de surveiller le recrutement de cette population (le taux de naissances).

 

Pourquoi est-il si important d’obtenir des photos de bonne qualité de baleineaux ?

Chez les baleines à fanons, les baleineaux restent aux côtés de leurs mères entre 6 à 11 mois selon les espèces, jusqu’à être sevrés. Pendant ce temps-là, ils restent proches de leurs mères pour allaiter et commencent petit à petit à se nourrir par eux-mêmes. Les baleines à bosse adultes montreront quasi systématiquement leur queue lorsqu’elles plongent, ce qui nous permet de prendre des photos essentielles pour les reconnaître en tant qu’individus. Ceci n’est pas toujours le cas des baleineaux et il peut donc être difficile de prendre des photos d’assez bonne qualité pour les reconnaître. Il est d’autant plus important de prendre des photos de haute qualité des queues de baleineaux que leur pigmentation caractéristique noire et blanche peut changer pendant leurs premières années de vie.

 

Evolution de la pigmentation des baleineaux

 

Ça fait longtemps qu’on ne s’était pas vus!

En plus de voir la plupart de nos baleines « régulières », nous avons également revu des animaux que nous n’avions pas observés depuis plus de 25 ans ! Capone (H126) et Martini (H033) avaient été observes pour la dernière fois au large de la Basse Côte Nord (Blanc Sablon) dans le début des années 90. Qu’est-ce qui les a poussés à rentrer dans le Golfe l’année dernière ? Probablement moins de nourriture disponible dans leurs zones d’alimentation estivales et/ou plus de nourriture disponible dans le Golfe.

Martini then and now 

Capone then and now

 

Merci à nos collaborateurs !

Une bonne partie de ce travail ne serait pas possible sans beaucoup de nos collaborateurs, qui ont contribué à la recherche sur les cétacés du Saint-Laurent en donnant leurs photos pour que nous les rajoutions au catalogue, dont : Croisières Baie de Gaspé, particulièrement Stacey Cassivi, René Roy, le GREMM, l’Institut Maurice Lamontagne (IML), le Ministère de Pêches et Océans (MPO) et tant d’autres individus.